Société
Que reste-t-il de la “Décennie noire” lorsque les morts ont été enterrés, que les armes se sont tues et que la mémoire collective voudrait tourner la page ?
Il reste des vies brisées. Des enfants qui ont grandi avec la peur. Des femmes violées, endeuillées, déplacées. Des hommes confrontés à la perte, à l’impuissance. Il reste des images de massacres, des proches assassinés et des blessures qui ne se referment pas. Et surtout, des traumatismes qui traversent le temps et peuvent se transmettre d’une génération à l’autre.
Pendant plus de dix ans, Chérifa Bouatta a écouté celles et ceux qui ont vécu cette violence extrême. Elle a appris que les statistiques ne disent jamais toute la vérité : derrière chaque chiffre, il y a un visage, une histoire, une souffrance.
Cet ouvrage est à la fois un témoignage de cette expérience clinique, une enquête sur les effets psychiques et sociaux de la terreur et une réflexion critique sur la psychologie en Algérie. Il interroge aussi la place des femmes, les violences de genre, le viol et l’enfance meurtrie. Car, une société ne guérit pas en effaçant ses blessures.
Vaincu militairement, le terrorisme peut continuer à agir dans les mémoires, les représentations et la société. Oublier les traumatismes, c’est prendre le risque de laisser la violence se transmettre sous d’autres formes.
En refusant l’oubli, l’auteure donne une place aux victimes et fait du soin une forme de résistance.
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L'auteure : Professeure des universités, spécialiste en psychologie clinique et psychologie sociale, Chérifa Bouatta est directrice du Laboratoire Interdisciplinaire Santé et Population (Université Aboudaou, Bejaïa). Présidente de l’Association pour l’Aide, la Recherche et le perfectionnement en psychologie (SARP), elle dirige la revue Psychologie. Elle est également membre de la commission Santé Mentale (ministère de la Santé et de la Population), et du réseau francophone “GENRE”. Pendant plus de 10 ans, elle a exercé auprès de victimes de violences terroristes.